Une crise d’arthrose se calme le plus souvent avec quelques gestes simples, à condition de choisir les bons en premier. L’Inserm rappelle que la maladie touche 3 % des moins de 45 ans, mais 65 % des plus de 65 ans. Je m’appuie ici sur les textes de Vidal, de l’Inserm et de l’ANSM, et je vous dis aussi ce que j’écarte d’emblée.
Soulager la charge
Canne, chaussures amortissantes et paracétamol en premier. L’anti-inflammatoire vient après, sur courte durée.
Rebouger doucement
Natation, aviron ou taï chi limitent l’enraidissement. Le repos total fait perdre du terrain.
Repérer l’alerte
Une articulation rouge, chaude, avec de la fièvre, n’est pas une simple poussée.
Que faire dès les premières heures d’une crise d’arthrose ?
Vous avez l’articulation raide, gonflée, douloureuse ? Je commence par alléger la charge. Selon Vidal, une canne aide pendant la période douloureuse, et des orthèses ou des chaussures qui amortissent les chocs peuvent soulager. Pour un genou ou une hanche, évitez le vélo, le ski, la course et la station debout prolongée.

Côté médicaments, mon ordre est net : paracétamol d’abord, anti-inflammatoire ensuite, et seulement si la douleur ne cède pas. Un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS), comme l’ibuprofène ou le kétoprofène, obéit à des règles strictes. Dans son rappel du 27 avril 2023, l’ANSM demande la dose la plus faible possible, sur la durée la plus courte possible. Elle ajoute d’arrêter dès que les symptômes disparaissent, et de ne jamais prendre deux AINS en même temps.
⚠️ Deux anti-inflammatoires pris ensemble, c’est l’erreur classique. Demandez à votre pharmacien si vos boîtes appartiennent à la même famille.
Mon déroulé quand la poussée démarre :
- Mettez l’articulation au calme, sans l’immobiliser pendant des jours.
- Prenez du paracétamol avant d’envisager un AINS.
- Tenez la canne du côté opposé à l’articulation douloureuse.
- Notez la date de début et l’intensité de la douleur pour votre médecin.
Comment reconnaître une poussée d’arthrose et ne pas la confondre ?
L’Inserm décrit l’arthrose comme une maladie qui détruit le cartilage, enflamme la membrane synoviale et remodèle l’os situé sous le cartilage. Elle provoque des douleurs et des raideurs, parfois une inflammation ou un épanchement de liquide dans l’articulation. Une poussée correspond à ces signes qui s’intensifient d’un coup. Toutes les articulations ne sont pas touchées à la même fréquence :
| Articulation | Part des cas selon l’Inserm | Terme médical |
|---|---|---|
| Mains | 35 à 45 % | arthrose des mains |
| Rachis | 45 à 50 % | arthrose vertébrale |
| Genoux | 30 % | gonarthrose |
| Hanches | 10 % | coxarthrose |
Les totaux dépassent 100 %, car une même personne peut être touchée à plusieurs endroits. Vous soupçonnez l’arthrose du genou ? Une imagerie aide à confirmer, et je détaille comment se passe une IRM du genou, étape par étape. Les facteurs qui favorisent la maladie sont connus : surcharge pondérale, port fréquent de charges lourdes, activité physique trop intense, diabète, obésité, hypertension.
Un piège classique mérite l’attention. Une articulation rouge, chaude, accompagnée de fièvre n’a rien d’une poussée banale. La goutte, la chondrocalcinose et les rhumatismes inflammatoires, cités par l’Inserm parmi les maladies associées, donnent des tableaux voisins. Dans ce cas, appelez votre médecin le jour même.
Le terrain compte aussi. Selon l’Inserm, certaines anomalies anatomiques, comme une déviation de l’axe de la jambe ou une dysplasie de hanche, favorisent la maladie, tout comme les séquelles d’un traumatisme, d’une entorse négligée ou l’ablation d’un ménisque. Avoir des proches atteints joue dans certains cas. Quant à l’arthrose de la colonne, fréquente entre 65 et 75 ans, elle passe souvent inaperçue, ce qui explique qu’on la découvre par hasard sur une radiographie.
💡 Gardez dans votre téléphone la date, l’articulation et l’intensité sur 10 de chaque crise. Votre médecin voit ainsi une trajectoire plutôt qu’un souvenir.
Quels traitements apaisent vraiment une crise d’arthrose ?
Vidal résume la logique en une phrase : combattre la douleur et l’inflammation, avec des médicaments à avaler, à injecter dans l’articulation ou à appliquer localement. S’y ajoutent la kinésithérapie, le renforcement musculaire adapté et le gain d’amplitude des mouvements.
Les exercices quotidiens, appris avec un kinésithérapeute, diminuent la douleur, préviennent l’enraidissement et corrigent les mauvaises postures. Je les place avant tout geste plus lourd. Un kiné vous montre le bon mouvement en une séance, et vous le refaites seul chez vous.
Gardez une chose en tête avant d’acheter un produit miracle : l’Inserm écrit, dans son dossier de novembre 2022, que la prise en charge vise encore surtout les symptômes. Autrement dit, les traitements actuels soulagent la douleur et la raideur, sans arrêter la destruction du cartilage. Des cibles thérapeutiques nouvelles sont en cours d’évaluation, mais aucune n’est encore une réponse à proposer à la maison. Les crèmes, compléments et remèdes de grand-mère n’y changent rien, et je ne vous en vendrai aucun.
Faut-il croire aux injections d’acide hyaluronique ?
Je me méfie de ces injections. Depuis le 1er décembre 2017, plus aucune solution injectable d’acide hyaluronique n’est remboursée en France. Les avis de la Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux jugent le service rendu insuffisant dans l’arthrose du genou, faute de données solides. Si on vous la propose, demandez à quoi elle sert dans votre cas précis.
Bouger pendant la poussée : jusqu’où aller ?
L’activité physique adaptée fait partie des traitements sans médicament. Une pratique régulière améliore la mobilité de l’articulation et réduit la douleur. Vidal cite l’aviron, le canoë-kayak, la natation, le taï chi et le qi gong, y compris pour les personnes en surpoids ou obèses. Mon arbitrage est simple : je mise sur l’eau et sur les mouvements lents, pas sur la course.

Votre médecin traitant peut prescrire cette activité en précisant les objectifs, comme la souplesse ou le renforcement, et les contre-indications qui vous concernent. Dans les clubs, des éducateurs formés au sport santé construisent le programme. Les frais sont souvent modestes et parfois pris en charge par une mutuelle ou une collectivité. Si vous avez mal aux jambes après la séance, des gestes simples existent, et il vaut mieux alléger la séance suivante que l’abandonner.
Les bénéfices ne se limitent pas aux articulations. Les personnes qui pratiquent une activité adaptée décrivent, d’après Vidal, un gain d’autonomie et d’endurance, mais aussi moins d’isolement et une meilleure image de soi. C’est un argument que je pèse autant que la douleur, parce qu’une crise d’arthrose pousse vite à s’asseoir, et l’inactivité raidit l’articulation.
📏 Un anti-inflammatoire contre la douleur ne dépasse pas 5 jours d’après l’ANSM, avec arrêt dès que les symptômes disparaissent.
Le poids joue aussi. Vidal place la lutte contre l’excès de poids parmi les mesures les plus utiles, surtout pour le genou. Vous n’avez pas besoin d’un régime strict. Une perte modeste, suivie par votre médecin, décharge déjà l’articulation.
Quand la crise d’arthrose appelle-t-elle une consultation ou une opération ?
La chirurgie vient en dernier. Vidal la réserve aux patients que les médicaments et la kinésithérapie ne soulagent pas, surtout pour la hanche et le genou. Dans la majorité des cas, on pose une prothèse totale qui remplace l’articulation abîmée, avec un modèle choisi selon votre état de santé, votre âge et votre anatomie. L’intervention demande plusieurs jours d’hospitalisation, puis une rééducation. Les complications possibles sont la phlébite, l’infection et l’hématome, et un anticoagulant est habituellement prescrit pour limiter le risque de phlébite. Cette décision se prend avec un chirurgien, jamais sur la seule foi d’un article.
Consultez si la douleur ne cède pas malgré le paracétamol, si elle revient en quelques jours ou si l’articulation change d’aspect. Une imagerie peut suivre, et le délai pour obtenir les résultats d’une IRM varie selon les centres. Votre médecin vous dira si l’examen change la conduite à tenir.
Votre situation du moment : quelle conduite adopter ?
Vous réduisez la charge : canne, orthèse ou chaussures amortissantes, et pas de vélo, de ski ni de course pour un genou ou une hanche. Le paracétamol passe en premier. Si la douleur ne cède pas, appelez votre médecin.
Vous reprenez en douceur : natation, aviron, canoë-kayak, taï chi ou qi gong. Demandez à votre médecin traitant une prescription d’activité physique adaptée, avec des objectifs précis.
Vérifiez que vous n’en prenez qu’un seul, à la dose la plus faible possible. Pour une douleur, l’ANSM indique 5 jours maximum, avec arrêt dès la disparition des symptômes. Au-delà, demandez un avis médical.
