Ce que vous devez savoir sur comment faire un tatouage sans risque
- Les infections cutanées liées au tatouage représentent une part significative des complications déclarées chaque année en France selon l’ANSM
- Les machines rotatives de marques comme Cheyenne sont recommandées aux débutants pour leur précision et facilité d’utilisation
- En France, exercer comme tatoueur professionnel exige une déclaration en préfecture et une formation hygiène et salubrité reconnue par la DRJSCS
- Une séance chez un tatoueur professionnel varie entre 80 € et 300 € de l’heure selon l’artiste et la région
- Le détatouage laser nécessite entre 5 et 15 séances et peut dépasser 1 000 € selon les estimations de la Société Française de Dermatologie
J’avais 19 ans quand j’ai regardé un tatoueur travailler pour la première fois. Je me souviens m’être dit : « c’est juste une aiguille et de l’encre, comment ça peut être si compliqué ? » Spoiler : c’est très compliqué. Savoir comment faire un tatouage, c’est maîtriser une technique précise, respecter des règles d’hygiène strictes et comprendre que la peau humaine n’est pas une feuille de papier.
Si tu veux vraiment apprendre, ce guide est fait pour toi. Mais si tu penses pouvoir piquer ta copine dans le salon avec du matériel acheté en lot sur un site douteux, ferme cet onglet tout de suite.
Quel matériel faut-il pour faire un tatouage ?

Le matériel, c’est la base. Et c’est là que beaucoup de débutants se plantent en achetant n’importe quoi.
La machine à tatouer
Il existe deux grands types de machines. La machine à tatouer rotative est celle que la plupart des tatoueurs recommandent aux débutants : elle est silencieuse, légère et précise. Les machines à bobines (coil machines) sont plus puissantes mais beaucoup plus techniques à régler.
Des marques comme Dragonhawk ou Cheyenne proposent des kits d’entrée de gamme corrects. Cheyenne, notamment, est une référence sérieuse dans le milieu professionnel.
Les aiguilles et l’encre
Utilise uniquement des aiguilles à usage unique stériles. C’est non négociable. Une aiguille réutilisée, c’est un risque d’hépatite B, C, ou pire.
Pour l’encre, choisis des encres de tatouage à pigments certifiées. En Europe, la réglementation ResAP(2008)1 du Conseil de l’Europe encadre les substances autorisées dans les encres. Les marques Eternal Ink et Intenze sont reconnues pour leur qualité et leur conformité.
Le reste du kit indispensable
- Peau synthétique d’entraînement : entraîne-toi dessus avant de toucher une vraie peau, c’est obligatoire
- Stencil et dermographe pour transférer le dessin sur la peau avant de tatouer
- Gants en nitrile, film plastique, savon antibactérien et vaseline stérile
💉 Selon l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), les infections cutanées liées au tatouage représentent une part significative des complications déclarées chaque année en France. La majorité sont dues à un matériel non stérile ou à une hygiène insuffisante en studio.
Comment faire un tatouage étape par étape ?
Le matériel en ordre, place à la technique. Et spoiler : ça ne s’improvise pas.
Étape 1 : préparer le dessin et le transfert
Commence par créer ou imprimer ton dessin. Utilise un stencil de transfert dermographe pour reporter le motif sur la peau. Applique la solution de transfert (ou du déodorant en spray), pose le stencil, appuie fermement, et retire doucement.
Le tracé doit être net et bien visible. S’il est flou ou incomplet, recommence. Un bon tatouage commence par un bon report. Si tu cherches des idées de motifs avec une signification particulière, prends le temps de bien les choisir avant de les transférer.
Étape 2 : régler sa machine et préparer son espace
Règle la vitesse de ta machine rotative selon le type de travail : plus lente pour les contours, un peu plus rapide pour le remplissage. Prépare tes godets d’encre, tes aiguilles montées et ta station de travail propre.
Tout doit être emballé ou désinfecté. Le spray désinfectant, les serviettes à usage unique, les gants : tout doit être à portée de main avant de commencer.
Étape 3 : tatouer
Commence par les contours, toujours. Tiens la machine comme un stylo, inclinée à 45 degrés environ. Travaille par petits passages réguliers, sans appuyer trop fort. Si tu enfonces trop l’aiguille, l’encre bave sous la peau et le résultat est flou.
Essuie régulièrement avec une serviette propre imbibée de solution saline. Et surtout : ne repasse pas 10 fois sur la même zone. La peau fatigue vite !
Étape 4 : les soins après tatouage
Un tatouage raté, c’est souvent un tatouage mal soigné après la séance. Recouvre la zone avec un film plastique ou un pansement spécial tatouage pendant 2 à 3 heures. Ensuite, lave doucement avec du savon non parfumé et applique une crème hydratante adaptée aux soins après tatouage.
Les marques Tattoo Goo et After Inked sont très utilisées par les professionnels. La cicatrisation d’un tatouage prend entre 2 et 4 semaines selon la zone et la profondeur du travail.
✅ La règle d’or pendant la cicatrisation : jamais de soleil direct, jamais de baignade, jamais de grattage. Ces trois erreurs ruinent un tatouage en quelques jours, même s’il était parfait à la sortie du studio.

La technique stick and poke, c’est vraiment une alternative ?
À côté des machines, il y a la technique stick and poke, aussi appelée tatouage manuel. Le principe : une aiguille montée sur un crayon ou un bâton, qu’on trempe dans l’encre et qu’on pique manuellement dans la peau, point par point.
C’est une pratique ancienne, utilisée dans de nombreuses cultures. Et honnêtement, les résultats peuvent être jolis pour des motifs simples et minimalistes. Mais attention : ça reste un tatouage. Les règles d’hygiène sont exactement les mêmes. Aiguilles stériles à usage unique, encre certifiée, surface désinfectée. Pas de stylo bic, pas d’encre de Chine. Jamais.
Quelles sont les zones les plus douloureuses ?
Parlons de ce que personne ne te dit franchement avant ta première séance.
La douleur varie énormément selon les zones du corps. Les côtes, le sternum, les pieds, les mains et l’intérieur des coudes sont unanimement considérés comme les zones sensibles les plus douloureuses. Le gras et le muscle amortissent bien : le bras, la cuisse, l’épaule sont beaucoup plus supportables.
D’après une enquête menée par le magazine spécialisé Tattoo Life, plus de 60 % des personnes tatouées déclarent que la douleur était différente de ce qu’elles imaginaient, souvent moins intense dans les zones qu’elles craignaient. Donc arrête de stresser et fais-le ! Si tu envisages un tatouage avec une signification familiale ou personnelle, c’est souvent une excellente motivation pour supporter la douleur.

Faut-il se former sérieusement pour apprendre à tatouer ?
Au-delà de la douleur et du matériel, la vraie question reste celle de la formation.
La réponse honnête ? Oui, absolument. Il existe des formations pour tatoueurs débutants et autodidactes, dispensées par des écoles spécialisées comme l’École Française de Tatouage ou via des apprentissages en studio. Ces formations couvrent la technique mais aussi les normes d’hygiène et de salubrité obligatoires pour exercer légalement.
En France, exercer comme tatoueur professionnel exige une déclaration en préfecture et une formation hygiène et salubrité reconnue par la DRJSCS. Ce n’est pas optionnel. Il y a des tatouages très demandés qui nécessitent justement une maîtrise technique approfondie avant de pouvoir les réaliser.
🎓 Le tarif d’une séance chez un tatoueur professionnel varie entre 80 € et 300 € de l’heure selon l’artiste et la région, d’après les données du syndicat professionnel Tatoueurs de France. Un recouvrement cover-up d’un ancien tatouage ou un travail en réaliste noir et gris se facture souvent plus cher, car ces techniques demandent un niveau technique avancé.
Et si le tatouage ne plait plus, que faire ?
Technique maîtrisée, hygiène respectée, mais résultat pas à la hauteur ? Ça arrive.
Deux options existent. Le recouvrement cover-up consiste à tatouer par-dessus un ancien tatouage avec un motif plus grand et plus sombre. C’est souvent la solution la moins coûteuse. Le détatouage laser est l’autre option : plusieurs séances sont nécessaires (entre 5 et 15 selon la taille et les couleurs), et le coût total peut dépasser 1 000 € selon les estimations de la Société Française de Dermatologie.
Le détatouage est douloureux et long. Autant faire les choses bien dès le début, non ? Certains tatouages plus discrets sont d’ailleurs plus faciles à retoucher ou à recouvrir si besoin.
Pour récapituler : entraîne-toi sur peau synthétique avant tout, investis dans du matériel stérile certifié, et respecte scrupuleusement les soins après tatouage avec une crème hydratante adaptée. Apprendre comment faire un tatouage correctement, ça prend du temps et ça demande de la rigueur. Mais le résultat sur une peau bien soignée, avec une technique propre, ça vaut vraiment le coup. Lance-toi, mais fais-le bien.
